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10 juillet 2006 @ 03:11
A ma chère Pénélope  
Penny,



Je sais que tu attends de me voir depuis des lunes déjà, que tu patientes, compagne fidèle, en guettant peut-être mon pas dans le vestibule de notre petit chez nous. De ton chez toi, devrais-je dire, et crois bien, ma tendre, que ce n'est pas encore un reproche que je déguise en te disant cela.

Tu as très bien fait de te mettre à l'abri en mettant le studio à ton seul nom, peut-être même avais-tu senti que le vent tournerait un jour pour moi. Te souviens-tu combien de fois tu tentas de me convaincre que le Ministère n'était pas un lieu aimable pour ton Perceval, qu'un jour mon coeur trop faible serait broyé par les rouages infects de Scrimgeour et ses hommes. Oh que tu avais vu juste, mon amie, comme tu me connaissais.

J'avais une belle carrière, rappelle-toi, j'étais si proche d'une nouvelle promotion qui m'aurait assuré le confort d'une ascension sociale plus vite que si j'avais été moi-même élu Ministre.

A quoi bon ressasser le passé, diras-tu, tout cela n'est plus à présent que cendres et poussières, et sans doute, est-ce mieux ainsi !

Je m'étais perdu dans les roueries gouvernementales, me suis retrouvé dans les geôles... Retrouvé, littéralement, ma mie, redevenu le garçon qui avait le bonheur de te plaire à l'aube de tes dix-sept ans.

Il y a quatre ans, déjà, peux-tu le croire ? Moi, je dois t'avouer que je peine à me souvenir des années perdues, des drames et des échecs.

Pourtant, aujourd'hui, je suis heureux. Triste bien entendu, qui ne le serait pas face à la destinée du jeune Harry, mais heureux parce que le tournant que ma vie attendait s'est présenté pas plus tard que ce soir. Et qu'il me comble comme je n'aurais pu l'imaginer.

Penny, ma chère complice, voici la raison pour laquelle je t'écris et que me coûte à un point que tu ne saurais dire : je ne reviendrai pas.

Laisse-moi en premier lieu t'assurer que cela n'est en aucun cas à cause de nos disputes, ni de ta volonté, que j'ai appris à comprendre entre les quatre murs d'Azkaban, de vouloir réserver certaines privautés à ton futur époux.

J'aurais eu tant d'honneur à être celui-là, nous l'avons cru tous deux si longtemps que je puis qu'imaginer ta déception, ta colère sans doute, ta peine certainement. Et je m'en veux, ma douce, tellement profondément, de ne pouvoir chausser les pantoufles de celui qui sera ton conjoint, le père de tes enfants, l'artisan de ton bonheur.

Je ne puis que t'assurer que mon amour pour toi est fort, qu'il ne s'est point affadi, mais qu'il est à présent celui d'un ami à sa plus chère amie.

J'ai trouvé une voie qui m'enchante, (professeur à Poudlard, oserais-tu le croire), j'ai retrouvé les miens, je suis mortifié de n'avoir pu concilier cela et ma vie avec toi ; le Percy de ton coeur a fondu comme neige au soleil, il n'entrerait plus dans le moule que tu lui réservais.

Au revoir, ma Penny, sois heureuse !

Perceval Weasley, ton ami sincère.
 
 
Current Location: l'appartement de l'Auror
Humeur actuelle: déchirée
Ambiance sonore: les pages de mes cours que je tourne avec peine